La liane Celastrus orbiculatus peut enlacer un arbre au point de le faire mourir. Ses tiges s'enroulent autour du tronc, puis le poids de la plante peut casser les branches. Cette liane ligneuse appartient à la famille des Célastracées et vient d'Asie de l'Est.
Elle est présente dans le nord-est et le centre-est de l'Amérique du Nord, où elle s'est naturalisée après des perturbations répétées des forêts de l'est. Elle est cultivée comme plante ornementale, et au Royaume-Uni la Royal Horticultural Society lui a décerné son Award of Garden Merit.
Sa capacité à concurrencer les plantes indigènes en fait une espèce à surveiller. Ses mécanismes de croissance et ses relations avec les champignons du sol expliquent en grande partie son succès.
Identification et Apparence
Le signe le plus utile pour reconnaître Celastrus orbiculatus est sa liane : fine, élancée, à écorce gris argenté à brun rougeâtre. Ses tiges mesurent généralement entre 1 et 4 cm de diamètre. Si rien ne vient les perturber, elles peuvent dépasser 10 cm, et leur coupe montre des cernes de plus de 20 ans.
Les feuilles sont presque rondes, brillantes et dentées sur les bords. Elles mesurent entre 2 et 12 cm de long et sont disposées en alternance le long des tiges.
Les fleurs sont petites et vertes, groupées en cymes à l'aisselle des feuilles. Le fruit est une capsule à trois valves qui s'ouvre pour laisser voir des arilles rouge vif entourant les graines.
La liane américaine Celastrus scandens lui ressemble et présente le même risque d'étranglement des arbres. Les deux espèces se distinguent surtout par leur origine et leur comportement.
Distribution et Habitat
Celastrus orbiculatus est native des régions tempérées de l'Extrême-Orient russe, de Chine et du sud-centre du Japon, ainsi que de la Corée et de Sakhaline. En Amérique du Nord, elle est naturalisée dans l'est des États-Unis. Elle est signalée dans les États du Maine, du New Hampshire, du Massachusetts, de la Pennsylvanie, de la Virginie et du Tennessee, entre autres, jusqu'aux Rocheuses à l'ouest.
Dans l'est des États-Unis, elle est la plus abondante dans les forêts mixtes de feuillus humides et en lisière de forêt. Elle se rencontre aussi dans les forêts de conifères, les broussailles, les anciens champs, les plages et les marais salés. Dans les Grands Lacs, elle pousse dans les forêts mixtes, les pinèdes et les prairies ou leurs lisières.
La plante préfère les sols frais et riches, de texture variée, généralement acides, avec un pH souvent compris entre 5,6 et 6,5. Elle supporte mal les sols saturés en eau ou très secs. Elle croît du niveau de la mer jusqu'à environ 1 400 m aux États-Unis, et entre 450 et 2 200 m dans son aire d'origine.
Elle est fréquente au bord des routes, dans les forêts exploitées et les friches. Elle gagne aussi les zones urbaines, d'où elle peut gagner les milieux naturels.

Croissance et Port
Celastrus orbiculatus est une liane vivace qui pousse très vite. Elle peut atteindre 9,1 m de haut. Lorsqu'elle croît seule, elle forme des fourrés denses au sol.
En présence d'un arbre, ses tiges s'enroulent autour du tronc jusqu'à environ 12 m de hauteur. Ce poids ajouté aux branches peut provoquer leur rupture.
Les tiges épaisses, dépassant 10 cm de diamètre lorsqu'elles ne sont pas perturbées, présentent des cernes annuels qui peuvent dépasser 20 ans.
Écologie et Interactions
Dans son comportement envahissant, la plante s'appuie sur ses champignons mycorhiziens. Elle forme des associations avec des champignons mycorhiziens arbusculaires, qui l'aident à absorber le phosphore. Dans une étude récente, la croissance était plus forte en présence de ces champignons, même dans un sol pauvre en phosphore, que dans un sol riche sans eux. La plante peut ainsi investir davantage d'énergie dans ses parties aériennes que dans ses racines.
Sa forme de liane est aussi un atout. Ses tiges allongées lui permettent d'atteindre rapidement la lumière, tout en créant de l'ombre sur les végétaux situés en dessous. Une étude a également observé qu'elle peut prélever des nutriments dans les plantes voisines.
Parmi les insectes associés, des papillons nocturnes du genre Yponomeuta sont les parasites les plus fréquents. Des pucerons, plus rarement, s'y nourrissent aussi. Un autre insecte invasif des États-Unis utilise également la plante comme hôte.
Culture et Entretien
Cultivée en plein soleil ou en mi-ombre, Celastrus orbiculatus supporte mal l'ombre. Elle tolère un sol dont le pH varie de 5 à 7,5, et une sécheresse de niveau moyen. Sa croissance est rapide et sa floraison a lieu au printemps, avec des fleurs blanches.
La plante résiste à des températures hivernales pouvant descendre jusqu'à -38,9 °C. Elle est cultivée comme liane ornementale, à condition de prévoir un support solide pour ses tiges.
Usages et Relations avec l’Homme
Celastrus orbiculatus est cultivée comme plante ornementale. Au Royaume-Uni, la Royal Horticultural Society lui a décerné son Award of Garden Merit.
Ses lianes solides et résistantes servent à tresser des paniers. L'écorce interne fibreuse peut être utilisée pour fabriquer des cordages résistants.
Le bétail broute parfois ses feuilles sans effet visible, bien que le fruit présente une toxicité modérée.
Photos
Photographies de via iNaturalist, licensed under CC0 1.0., by Sandy Wolkenberg via iNaturalist, licensed under CC BY 4.0., by Alex Day via iNaturalist, licensed under CC BY 4.0., by Alec McClay via iNaturalist, licensed under CC BY 4.0. et by ivansemenkov via iNaturalist, licensed under CC BY 4.0., créditées sur chaque photo.
Écologie et classification
Port
- Liane
Classification
- Embranchement
- Tracheophyta
- Classe
- Magnoliopsida
- Ordre
- Celastrales
- Famille
- Celastraceae
- Genre
- Celastrus
- Espèce
- Celastrus orbiculatus
Sources
- GBIF Species names and classification
- iNaturalist Photos
- Wikidata Common names and conservation status
- Wikipedia Summary extract
- Encyclopedia of Life Habitat, diet and behavior traits
- Plants of the World Online Native range, life form and climate (WCVP)
- USDA Plants US plants: growth habit and growing conditions
- GloBI What it eats, what eats it, parasites and pollinators
- Wardeh et al. 2015 (EID2)



