Aller au contenu
Aller à l'article

Coccinella septempunctata

Coccinella septempunctata

Pas de nom commun recensé

Une coccinelle à sept points aux élytres rouge-orangé ornées de sept taches noires, posée sur une feuille verte.Photo : via iNaturalist, licensed under CC0 1.0., CC0

En bref

Connu pour
Zone humidePrédateurForêtHibernationPrairieMilieu urbain
Classification
Embranchement
Arthropoda
Classe
Insecta
Ordre
Coleoptera
Famille
Coccinellidae
Genre
Coccinella
Espèce
Coccinella septempunctata

Reconnaissable à ses élytres rouge-orangé vif ornées de sept taches noires caractéristiques, la coccinelle à sept points compte parmi les insectes prédateurs les plus efficaces contre les pucerons, capable d'en dévorer des centaines au cours de sa vie, aussi bien à l'état larvaire qu'adulte.

Coccinella septempunctata Linnaeus, 1758 est un coléoptère de la famille des Coccinellidae, originaire d'Europe, de la majeure partie de l'Asie et d'Afrique du Nord, où il occupe la quasi-totalité des milieux tempérés pourvus de végétation. L'espèce a été introduite ailleurs, notamment en Amérique du Nord, comme agent de lutte biologique contre les infestations de pucerons. Elle n'a jamais été évaluée par l'UICN et ne bénéficie d'aucun statut de protection particulier ; dans certaines régions où elle a été introduite, elle est même considérée comme envahissante.

Au-delà de son rôle d'auxiliaire agricole, la coccinelle à sept points intrigue par la sophistication de ses défenses chimiques, la complexité de ses stratégies de reproduction et sa place singulière dans les folklores européens, ce qui en fait bien plus qu'un simple insecte de jardin.

Identification et Apparence

Le trait le plus reconnaissable de cette coccinelle reste la combinaison de ses élytres rouge-orangé et de ses sept taches noires : une tache unique près de l'écusson, là où se rejoignent les deux élytres, encadrée de deux plaques blanches, puis trois autres taches sur chaque élytre. La taille et la position exactes de ces six taches varient d'un individu à l'autre, et les fusions de taches ou les formes mélaniques restent rares. L'adulte mesure entre 6,5 et 7,8 mm de long pour environ 4 mm de large, avec un corps ovale et bombé. Le pronotum porte deux taches blanches de part et d'autre des yeux, tandis que le dessous de l'abdomen, le pronotum et les pattes sont entièrement noirs.

Le dimorphisme sexuel est discret et surtout microscopique : la forme du septième sternite abdominal diffère entre mâles et femelles, ce qui constitue le moyen le plus fiable de déterminer le sexe d'un spécimen. Les mâles possèdent quatre types de soies sur leurs pattes antérieures, contre trois seulement chez les femelles, et comptent en moyenne 18 sensilles basiconiques chimiosensorielles sur leurs palpes labiaux contre 16 chez les femelles. Les femelles, en revanche, sont légèrement plus lourdes et plus larges que les mâles.

Les œufs, longs d'environ 1 mm, sont fusiformes et de couleur orange ou jaune. La larve de premier stade mesure 1 à 2 mm à l'éclosion et atteint environ 8 mm après quatre mues. Très segmentée, elle est généralement d'un noir terne avec une fine ligne brun pâle le long du dos de l'abdomen, sa couleur pouvant varier selon la température ; ses pattes, relativement longues, s'éclaircissent vers leurs extrémités. Au quatrième stade, la larve devient gris foncé à noir, avec des tubercules noirs portant de fins poils, des tubercules orange sur le premier et le quatrième segment abdominal, et un thorax médian et postérieur gris pâle.

La pupe mesure environ 6 mm et adopte une teinte allant du gris au noir, parfois orange pâle avec des marques triangulaires sombres et quatre points foncés sur sa face antérieure ; la quantité de pigment noir diminue selon les variations de température durant le développement. Son exosquelette rigide, formé dès le quatrième stade larvaire, atteint déjà la taille de l'adulte qui en émergera.

Distribution et Habitat

Généraliste, la coccinelle à sept points s'installe dans presque tous les milieux où ses proies, principalement les pucerons, sont abondantes. On la trouve sur les plantes herbacées basses, les arbustes et les arbres, dans les champs ouverts, les prairies, les marais, les parcelles agricoles ainsi que dans les jardins et parcs suburbains, qui comptent parmi ses habitats les plus familiers.

Pour hiverner, elle recherche des zones dégagées exposées au sud, maximisant l'ensoleillement, où elle peut s'abriter sous des rochers, dans des touffes d'herbe denses ou des haies. Son aire d'altitude s'étend du niveau de la mer jusqu'à environ 1500 m.

Les observations naturalistes compilées mois par mois montrent une présence très marquée entre avril et juillet, avec un pic net en juin (plus de 123 000 observations ce mois-là), puis un déclin progressif jusqu'à un minimum hivernal en décembre et janvier — une saisonnalité cohérente avec la période d'activité de l'adulte et sa dormance hivernale. Ces chiffres reflètent toutefois la fréquence des observations et non l'abondance réelle ni l'étendue complète de son aire de répartition.

Carte des observations enregistrées de Coccinella septempunctata
Où l’espèce a été observée · GBIF
123 428
janv.févr.marsavr.maijuinjuil.aoûtsept.oct.nov.déc.
Comptages mensuels d'occurrences · GBIF

Comportement et Mode de Vie

Active exclusivement le jour, la coccinelle à sept points vole aisément et reste immobile la nuit. Son comportement le plus marquant est la formation d'agrégats hivernaux : des groupes de 10 à 15 individus, parfois plus de 200, se rassemblent dans le feuillage dense de graminées basses ou entre des rochers pour passer l'hiver à l'abri.

Avant d'entrer en diapause, les individus émettent une phéromone spécifique, le 2-isopropyl-3-méthoxy-pyrazine, qui attire d'autres coccinelles vers le même site d'hivernage. Cette agrégation remplit une double fonction : elle offre chaleur et protection collective, et garantit qu'au réveil, au printemps, des partenaires potentiels seront déjà réunis pour la reproduction.

Pour localiser ses proies, l'espèce s'appuie aussi sur des indices chimiques : elle détecte la phéromone d'alarme que les pucerons libèrent pour prévenir leurs congénères d'un danger, ainsi que les composés volatils que certaines plantes émettent lorsqu'elles sont infestées. Ces deux signaux, normalement destinés à d'autres organismes, sont détournés par la coccinelle pour repérer les colonies de pucerons à distance.

Communication

La communication de cette coccinelle repose essentiellement sur des signaux chimiques, complétés par quelques indices visuels. La phéromone d'agrégation, le 2-isopropyl-3-méthoxy-pyrazine, rassemble les individus sur les sites d'hivernage et assure la présence de partenaires disponibles dès la sortie de diapause.

D'autres composés chimiques, émis cette fois par les proies ou les plantes, sont interceptés à des fins de repérage : la phéromone d'alarme des pucerons et les substances végétales libérées lors d'une infestation orientent la coccinelle vers les colonies à exploiter. À l'inverse, des composés associés aux œufs déjà pondus par des congénères ou d'autres coccinellidés dissuadent les femelles de pondre au même endroit, une adaptation qui limite le cannibalisme et la prédation entre larves, très fréquents au sein de cette famille.

Le contraste vif entre le rouge-orangé des élytres et leurs taches noires fonctionne comme un signal visuel d'avertissement adressé aux prédateurs, les prévenant du goût désagréable et de la toxicité de l'insecte.

Chasse et Régime Alimentaire

Pour repérer ses proies, la coccinelle à sept points exploite des indices chimiques bien avant tout contact visuel : elle détecte la phéromone d'alarme libérée par les pucerons menacés ainsi que les composés volatils émis par les plantes infestées, ce qui lui permet de localiser à distance les colonies à exploiter.

Une fois la colonie repérée, adultes comme larves s'en nourrissent voracement : les pucerons et autres insectes à cochenilles constituent l'essentiel du régime, aussi bien pour les larves prédatrices que pour les adultes polyphages.

Lorsque les pucerons se raréfient, les adultes se rabattent sur le pollen, tandis que les larves, incapables de se déplacer sur de grandes distances, peuvent s'attaquer à des larves d'autres coccinellidés, voire à leurs propres œufs ou congénères. Cette prédation intraguilde et ce cannibalisme occasionnel constituent une pression majeure au sein de la famille des Coccinellidae, où les colonies de pucerons, ressource éphémère, s'épuisent rapidement.

Reproduction et Cycle de Vie

La saison de reproduction débute vers la fin du printemps, une fois les individus sexuellement matures — dès 8,8 jours après l'émergence chez les mâles et 11,4 jours chez les femelles en moyenne. La parade nuptiale suit un déroulé précis en cinq étapes : le mâle approche la femelle à moins d'un centimètre sans la toucher, l'observe, palpe ses antennes et sa bouche avec les siennes, puis monte sur ses élytres pour tenter la copulation. Les femelles immatures, récemment fécondées ou prêtes à pondre repoussent ces avances, tandis que les femelles réceptives émettent elles-mêmes des phéromones sexuelles volatiles pour attirer les mâles.

Le système de reproduction est polygynandre : chaque femelle s'accouple avec plusieurs mâles au cours de la saison, parfois quatre à six fois en une seule journée, ce qui accroît la fécondité, la viabilité des œufs et le taux de réussite des éclosions. Certains mâles fécondent des femelles juste avant la diapause hivernale, si bien que certaines femelles passent l'hiver avec du sperme stocké dans leurs spermathèques, prêt à féconder les premières pontes du printemps.

Une fois les œufs fécondés, la femelle les dépose en été par petits groupes de dix à trente sur des feuilles, tiges ou autre végétation, en évitant grâce à des signaux olfactifs les zones où d'autres œufs de la même espèce ont déjà été pondus — une stratégie qui limite la concurrence entre larves. Chaque femelle produit ainsi entre 250 et 500 œufs au cours de sa vie, un nombre souvent supérieur à ce que l'environnement peut réellement nourrir, mais qui devient avantageux lors des pics d'abondance de pucerons.

Les œufs éclosent au bout de quatre jours environ, selon la température. Les larves traversent quatre stades avant de se fixer par l'abdomen pour se nymphoser, un stade pupal qui dure environ huit jours. L'adulte émerge avec des élytres encore molles et incolores, qui acquièrent progressivement leur rouge et leur noir grâce à la mélanine, et leurs teintes plus claires grâce aux caroténoïdes. Le cycle complet, de l'œuf à l'adulte, ne dure qu'environ six semaines, permettant jusqu'à cinq générations par an ; aucun soin parental n'est apporté après la ponte, et l'adulte vit ensuite un à deux ans selon qu'il survit ou non à l'hiver.

Population et Rôle Écologique

Prédatrice vorace de pucerons et de cochenilles, la coccinelle à sept points joue un rôle régulateur important dans les écosystèmes qu'elle occupe, en limitant les populations d'insectes qui endommagent la végétation et affectent d'autres organismes dépendants de ces plantes.

Elle constitue elle-même une proie pour de nombreux oiseaux, petits mammifères, araignées et autres coccinellidés, en particulier au quatrième stade larvaire, période de forte vulnérabilité. Les adultes, en revanche, sont relativement peu attaqués grâce à leur coloration d'avertissement et à leur capacité de saignée réflexe : en cas de menace, ils libèrent par les articulations de leurs pattes un liquide malodorant chargé d'alcaloïdes toxiques, la coccinelline et la précoccinelline.

L'espèce héberge aussi une grande variété de parasites et parasitoïdes : les guêpes braconides Perilitus coccinellae et Dinocampus coccinellae sont les plus étudiées. Dinocampus coccinellae pond ses œufs dans la cavité corporelle des femelles, où les larves consomment d'abord les œufs de l'hôte avant de se nymphoser dans une de ses pattes puis d'émerger adulte environ neuf jours plus tard ; certaines coccinelles parviennent malgré tout à survivre à cette parasitation et à reprendre leur cycle de vie.

Conservation et Menaces

La coccinelle à sept points n'a jamais été évaluée par l'UICN et ne figure sur aucune liste de protection, qu'il s'agisse de la Liste rouge, de la réglementation fédérale américaine, de la CITES ou des listes d'État comme celle du Michigan. Dans les régions où elle a été introduite volontairement, notamment pour la lutte biologique, elle est même considérée comme une espèce envahissante.

En Europe, ses populations reculent localement face à la concurrence de la coccinelle asiatique Harmonia axyridis, plus résistante aux maladies, qui la surpasse dans l'exploitation des ressources et la consomme parfois directement. Arrivée sur la côte sud de l'Angleterre en 2004 après avoir été introduite aux Pays-Bas, en Belgique et en France comme agent de lutte biologique, cette espèce s'est multipliée de façon incontrôlée ; le UK Ladybird Survey suit son expansion et redoute qu'elle ne finisse par éliminer les coccinelles indigènes.

L'histoire de l'espèce montre aussi combien ses effectifs peuvent fluctuer brutalement au gré des ressources alimentaires : lors de la canicule de 1976 en Angleterre, un printemps chaud avait d'abord favorisé une explosion des populations de pucerons, avant que la sécheresse ne les fasse chuter. Privées de nourriture, les coccinelles avaient alors formé d'immenses essaims migrant vers les côtes est et sud du pays — on estime que 23,65 milliards d'individus s'y sont rassemblés fin juillet — sans pouvoir franchir la Manche malgré leur capacité normale à voler jusqu'à 120 km à 1000 m d'altitude, trop affaiblies par l'épuisement et la faim pour poursuivre leur route.

Signification Culturelle

Dans le folklore européen, la coccinelle à sept points est étroitement associée à la Vierge Marie, dont elle aurait pris la place de figures antérieures comme la déesse nordique Freyja : le nom scandinave Freyjuhaena s'est ainsi transformé en Marienvoglein, « l'oiseau de Notre-Dame ». Selon une légende du Moyen Âge, des fermiers auraient prié la Vierge Marie pour protéger leurs récoltes des insectes ravageurs ; des coccinelles rouges tachetées de noir seraient alors apparues pour dévorer ces nuisibles, ce qui leur aurait valu le nom de « scarabée de Notre-Dame », à l'origine du mot anglais ladybird. Les sept points de ses élytres symboliseraient les sept joies et sept douleurs de Marie.

D'autres traditions régionales enrichissent ce récit : à Malte, la coccinelle serait née d'une goutte de sang de la Vierge tombée sur un scarabée noir lors de la Crucifixion, ses sept points provenant ensuite de sept larmes essuyant le sang ; en Suède, on l'appelle nyckelpiga, « l'aide aux clés », ses sept points représentant les sept vertus qui ouvriraient les portes du paradis ; en Espagne, les noms mariquita et marieta dérivent directement du prénom Maria.

Ce statut symbolique s'accompagne d'une reconnaissance officielle : la coccinelle à sept points est l'insecte national de la Finlande et l'insecte officiel de cinq États américains (Massachusetts, New Hampshire, Delaware, Ohio et Tennessee), tandis que l'État de New York a préféré consacrer une autre espèce, la coccinelle à neuf points Coccinella novemnotata. Elle a également été représentée sur des timbres postaux émis par de nombreux pays, dont la Suisse, la Finlande, Malte, la Croatie, l'Algérie, Israël, l'Irak, la Chine et l'Inde.

Le saviez-vous ?

  1. Le nombre sept qui orne ses élytres est chargé de symbolisme culturel, évoquant les sept couleurs de l'arc-en-ciel ou les sept notes de la gamme musicale.
  2. La coccinelle à sept points est l'insecte national de la Finlande et l'insecte officiel de cinq États américains : Massachusetts, New Hampshire, Delaware, Ohio et Tennessee.
  3. Elle figure sur des timbres postaux émis par de nombreux pays, dont la Suisse, la Finlande, Malte, la Croatie, l'Algérie, Israël, l'Irak, la Chine et l'Inde.
  4. Un adulte en bonne santé peut voler jusqu'à 120 km à une altitude de 1000 mètres.
  5. L'État de New York a choisi une autre espèce, la coccinelle à neuf points Coccinella novemnotata, comme insecte officiel plutôt que la coccinelle à sept points.

Écologie

Habitat

  • Zone humide
  • Forêt
  • Prairie
  • Milieu urbain

Comportement

  • Prédateur
  • Hibernation
  • Sociale
  • Diurne

Régime alimentaire

  • Insectivore

Photos

20 photos
1 / 20
Une coccinelle à sept points aux élytres rouge-orangé ornées de sept taches noires, posée sur une feuille verte.Photo : via iNaturalist, licensed under CC0 1.0., CC0

SourcesGBIFiNaturalistWikidataWikipediaEncyclopedia of LifeAnimal Diversity Web