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Lion

Panthera leo

Vulnérable

Le lion est le félin le plus social au monde, vivant en groupes appelés « prides » alors que presque tous les autres grands félins sont solitaires. Panthera leo se reconnaît à son corps musculeux, sa tête large et courte, et surtout, chez le mâle, à son imposante crinière qui l'entoure de la tête aux épaules.

Autrefois répandu sur la majeure partie de l'Afrique et jusqu'en Asie du Sud-Ouest, le lion ne se trouve plus aujourd'hui que dans des populations dispersées d'Afrique subsaharienne et dans la réserve du Gir en Inde. Il est classé Vulnérable par l'UICN. Sa vie en groupe, sa chasse coopérative et son rôle de prédateur au sommet de la chaîne alimentaire en font l'un des animaux les plus étudiés et les plus chargés de symboles de toute la faune africaine.

Identification et Apparence

Le trait le plus reconnaissable du lion reste la crinière du mâle, qui pousse vers l'arrière et couvre la tête, le cou, les épaules et le poitrail, teintée de brun, de roux et parfois de noir. Elle commence à se développer à l'adolescence, sous l'effet de la testostérone, et atteint sa taille définitive vers quatre ans ; les mâles à crinière plus sombre semblent avoir davantage de succès reproducteur et se maintiennent plus longtemps à la tête d'une pride.

Le pelage varie du fauve clair au gris argenté, au roux jaunâtre ou au brun foncé, avec des parties inférieures plus claires. Les lionceaux naissent tachetés ; ces marques s'estompent avec l'âge mais peuvent subsister faiblement sur les pattes et le ventre. La queue de tous les lions se termine par une touffe de poils sombre qui apparaît vers cinq mois et demi et devient bien visible vers sept mois ; elle dissimule parfois un petit éperon corné d'environ 5 millimètres dont la fonction reste inconnue.

Le lion adulte pèse en moyenne autour de 98 kg, avec des crânes mâles mesurant de 321 à 401 mm de long contre 292 à 333 mm chez la femelle. Les muscles squelettiques représentent près de 59 % du poids corporel, la proportion la plus élevée connue chez les mammifères, avec une forte concentration de fibres musculaires rapides qui donnent des accélérations puissantes mais peu d'endurance.

Les femelles sont dépourvues de crinière, sauf exception rare observée dans le nord du Botswana, probablement liée à un excès de testostérone. Certaines populations mâles, comme celles du parc national de la Pendjari, sont presque entièrement dépourvues de crinière ou n'en portent qu'une très courte, un phénomène également signalé au Sénégal et au Kenya.

Distribution et Habitat

Le lion tolère une large gamme d'habitats, des savanes boisées d'Afrique de l'Est aux sables du désert du Kalahari, en évitant toutefois les forêts tropicales denses et les déserts les plus arides. Il privilégie les plaines herbeuses, les savanes, les broussailles en bordure de cours d'eau et les forêts claires, où le couvert végétal facilite la chasse et la mise bas.

En Afrique, son aire actuelle est estimée à environ 3 390 000 km², principalement dans des savanes recevant de 300 à 1 500 mm de pluie par an, avec des populations résiduelles dans les forêts humides d'Afrique de l'Ouest et les forêts de montagne d'Afrique de l'Est. Le lion peut vivre en altitude, jusqu'à 4 240 m dans les monts Bale en Éthiopie, et a été observé près de la limite des neiges du mont Kenya.

En Asie, l'espèce a disparu de la plupart de son ancienne aire : du Caucase au dixième siècle, du Levant au Moyen Âge, de la majeure partie de la Turquie à la fin du XIXe siècle, et d'Iran dans les années 1940. Le dernier bastion asiatique se limite désormais au parc national de Gir, au Gujarat, dans un mélange de forêt sèche de savane et de broussailles très arides.

Les comptages mensuels d'observations disponibles présentent un pic marqué en juillet-août, ce qui suggère une présence saisonnière plus documentée à cette période plutôt qu'une variation réelle d'abondance.

Carte des observations enregistrées de Panthera leo
Où l’espèce a été observée · GBIF
2 176
janv.févr.marsavr.maijuinjuil.aoûtsept.oct.nov.déc.
Comptages mensuels d'occurrences · GBIF

Comportement et Mode de Vie

Le lion est le plus social des félins sauvages, vivant en prides regroupant des femelles apparentées, leurs petits et un nombre variable de mâles, de deux à quarante individus selon les contextes, avec une taille moyenne d'environ treize à quinze lions dans des parcs comme le Kruger ou le Serengeti. Ces groupes fonctionnent en société de fission-fusion : les membres se séparent en petits sous-groupes puis se retrouvent, restant en contact par le rugissement.

Les mâles quittent leur pride natale vers deux ans et demi lorsqu'ils sont perçus comme des rivaux, puis mènent une vie nomade pendant deux à sept ans avant de former une coalition, souvent avec des frères, pour tenter de prendre le contrôle d'une pride. Les coalitions de deux mâles conservent rarement le pouvoir plus de deux ans et demi, tandis que celles de trois ou quatre individus peuvent régner plus de trois ans. Les femelles, elles, restent toute leur vie sur le territoire de leur mère et ne se disputent pas la dominance entre elles, ce qui facilite l'élevage collectif des petits.

Le lion passe environ vingt heures par jour au repos. L'activité culmine après le crépuscule, avec des phases de socialisation, de toilettage et de déplacement, la chasse ayant le plus souvent lieu la nuit et au petit matin. Les domaines vitaux varient de 20 à 400 km² selon la densité de proies, les zones les plus riches pouvant soutenir jusqu'à douze lions pour 100 km².

Communication

Le rugissement domine le répertoire vocal du lion et sert à signaler sa présence, défendre un territoire et communiquer entre membres d'une même pride ; il peut s'entendre jusqu'à 8 km de distance et se produit le plus souvent la nuit. Une étude récente a distingué quatre phases dans une séquence de rugissement : le gémissement, le rugissement plein, un rugissement intermédiaire plus court et plus grave, puis un grognement final.

La communication visuelle passe par la crinière du mâle, qui signale à distance son sexe et sa condition physique, ainsi que par des expressions faciales comme la « grimace » ou réponse de flehmen, bouche ouverte et dents découvertes, utilisée en réponse à des signaux chimiques. Le marquage olfactif, par jets d'urine et griffures sur la végétation, complète ce dispositif territorial dès l'âge de deux ans.

Le toucher joue également un rôle social important : le frottement des têtes et le léchage mutuel, surtout au niveau de la tête et du cou que le lion ne peut atteindre seul, servent de rituel de salutation après une séparation ou une confrontation.

Chasse et Régime Alimentaire

Le lion chasse le plus souvent en groupe, mais la mise à mort finale reste l'affaire d'un seul individu ; les femelles, moins voyantes que les mâles à crinière, assurent l'essentiel des chasses au sein de la pride. La chasse collective se révèle nettement plus efficace : dans le Serengeti, un lion isolé réussit sa chasse dans 17 % des cas contre 30 % lors d'une chasse en groupe.

Ses proies principales sont les grands ongulés les plus abondants de son milieu, comme les gazelles de Thomson, les zèbres, les impalas et les gnous ; certaines prides se spécialisent dans des proies plus imposantes comme le buffle ou la girafe. Dans le Serengeti, sept espèces à elles seules, zèbres, gnous, gazelles de Thomson, buffles, phacochères, bubales et damalisques, fournissent environ 90 % de l'alimentation.

Lorsque les grandes proies manquent, le lion se rabat sur des oiseaux, rongeurs, poissons, œufs d'autruche, amphibiens et reptiles. Il pratique aussi le charognage actif, repérant les carcasses en observant le comportement des hyènes et des vautours.

Reproduction et Élevage des Petits

L'accouplement se fait tout au long de l'année, avec un pic durant la saison des pluies, et la lionne, polyœstrienne, s'accouple en moyenne 2,2 fois par heure pendant les quatre jours de son œstrus, souvent avec plusieurs mâles. Le premier mâle de la pride à atteindre une femelle en chaleur bénéficie d'une priorité d'accouplement, ce qui limite les conflits internes.

Après une gestation d'environ 110 jours, la lionne met bas dans un endroit isolé, fourré, grotte ou lit de roseaux, éloigné de la pride, une portée d'un à six petits, avec une moyenne de trois. Les nouveau-nés pèsent entre 1 et 2 kg, naissent aveugles, ouvrent les yeux vers onze jours, marchent vers quinze jours et courent au bout d'un mois. Pour limiter les risques de prédation, la mère déplace régulièrement ses petits vers de nouveaux abris, un par un, en les portant par la nuque.

Les lionceaux restent cachés jusqu'à environ huit semaines avant d'être réintégrés à la pride, où le sevrage intervient entre sept et dix mois, bien qu'ils dépendent encore des adultes jusqu'à au moins seize mois. Les femelles apparentées de la pride synchronisent souvent leurs naissances et allaitent indifféremment les petits les unes des autres, ce qui réduit la mortalité juvénile.

Lorsqu'une nouvelle coalition de mâles prend le contrôle d'une pride, elle tue fréquemment les lionceaux non sevrés des mâles précédents, ce qui provoque un retour en chaleur de la mère en deux à trois semaines et permet aux nouveaux mâles de féconder plus vite les femelles pendant leur règne, généralement limité à deux ans environ.

Population et Rôle Écologique

Le lion occupe la position de prédateur dominant sur la quasi-totalité de son aire de répartition, même si son influence réelle sur la régulation des populations de proies reste discutée : certaines études suggèrent que la disponibilité de nourriture pèse davantage que la prédation par le lion sur ces populations.

Les effectifs africains ont chuté fortement au cours de la seconde moitié du XXe siècle, avec une baisse estimée entre 30 et 50 %. Dès 1975, on estimait que la population avait diminué de moitié par rapport aux années 1950, pour atteindre environ 200 000 individus ou moins ; les estimations situent la population sauvage africaine entre 16 500 et 47 000 individus au début des années 2000. La plupart des lions vivent aujourd'hui en Afrique de l'Est et australe.

Conservation et Menaces

Le lion est classé Vulnérable sur la Liste rouge de l'UICN, la population indienne relevant de l'Annexe I de la CITES et la population africaine de l'Annexe II. Deux sous-espèces, le lion de Barbarie et le lion du Cap, ont déjà disparu.

Les principales menaces incluent les maladies, les conflits avec les activités humaines, la fragmentation de l'habitat et la disparition de corridors reliant les réserves, ce qui pose un risque croissant pour la diversité génétique des populations isolées. La population du Congo-Brazzaville, considérée comme un bastion dans les années 1990, est désormais éteinte localement dans le parc national d'Odzala-Kokoua. La population ouest-africaine, isolée génétiquement de celle d'Afrique centrale, ne compte plus qu'environ 400 individus, dont moins de 250 matures, classée En danger critique et concentrée surtout dans le complexe protégé W-Arly-Pendjari partagé entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger.

Le lion asiatique, confiné à la forêt de Gir en Inde, est classé En danger depuis 2008 ; sa population est passée d'environ 180 individus en 1974 à 523 en 2015 puis à environ 650 en 2017, mais son isolement géographique expose l'espèce à la consanguinité. Des stratégies de conservation développées depuis 2005 pour l'Afrique de l'Ouest, centrale, de l'Est et australe visent à préserver l'habitat, garantir une base de proies suffisante et réduire les conflits homme-lion.

Vulnérable

Signification Culturelle

Le lion figure parmi les symboles animaliers les plus reconnus au monde, associé depuis l'Antiquité au pouvoir, à la royauté et à la protection ; il apparaît comme divinité ou symbole dans de nombreuses religions anciennes, et son image orne aujourd'hui statues, drapeaux et emblèmes, souvent placée à l'entrée des bâtiments comme gardien symbolique. Plusieurs dirigeants ont porté son nom, comme Sundiata Keita, « le Lion du Mali », ou Richard Cœur de Lion en Angleterre.

En Afrique subsaharienne, le lion occupe une place importante dans les contes, proverbes et danses, bien qu'il soit plus rarement représenté dans les arts visuels ; en swahili, le mot simba désigne à la fois le lion et les idées d'agressivité, de puissance et de royauté. Dans certaines régions d'Afrique de l'Ouest et de l'Est, il est associé à la guérison, servant de lien symbolique entre les guérisseurs et le monde surnaturel.

Le lion asiatique occupe une place particulière dans l'hindouisme, vénéré sous la forme de Narasimha, le « Dieu-Lion », l'une des incarnations du dieu Vishnou.

Le saviez-vous ?

  1. Les lions mâles et femelles peuvent participer à des comportements homosexuels de cour, notamment des frottements de tête et des roulades mutuelles avant l'accouplement.
  2. La durée moyenne d'une génération chez le lion est d'environ sept ans.
  3. Le dressage de lions dans les cirques est né au début du XIXe siècle, porté par le Français Henri Martin et l'Américain Isaac Van Amburgh, dont les numéros ont marqué l'imaginaire populaire jusqu'au cinéma du XXe siècle.

Photos

Photographies de by Luciano Massa via iNaturalist, licensed under CC BY 4.0., via iNaturalist, licensed under CC0 1.0., by Kimberly via iNaturalist, licensed under CC BY 4.0., by Cael Marquard via iNaturalist, licensed under CC BY 4.0., by jk6000 via iNaturalist, licensed under CC BY 4.0. et by Patrick Jackson via iNaturalist, licensed under CC BY 4.0., créditées sur chaque photo.

Écologie et classification

Régime alimentaire

  • Carnivore

Comportement

  • Nocturne
  • Prédateur
  • Territorial
  • Sociale

Classification

Embranchement
Chordata
Classe
Mammalia
Ordre
Carnivora
Famille
Felidae
Genre
Panthera
Espèce
Panthera leo

Sources

  1. GBIF Species names and classification
  2. iNaturalist Photos
  3. Wikidata Common names and conservation status
  4. Wikipedia Summary extract
  5. Encyclopedia of Life Habitat, diet and behavior traits
  6. Animal Diversity Web Animal habitat, behavior and diet
  7. AnAge Longevity