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Amaryllis

Pyronia tithonus

Préoccupation mineure

Nommé d'après Tithonos, prince troyen aimé par la déesse de l'Aube dans la mythologie grecque, Pyronia tithonus porte un nom qui évoque déjà son caractère solaire. Ce papillon, surnommé Amaryllis, appartient à la famille des Nymphalidae et se rencontre à travers l'Europe.

Classé en préoccupation mineure, l'espèce forme des colonies dont la taille varie fortement, de quelques dizaines à plusieurs milliers d'individus selon l'habitat disponible. Sa préférence marquée pour les climats chauds limite son expansion vers le nord, un lien entre climat et répartition qui rend son suivi particulièrement instructif.

Identification et Apparence

Le trait le plus reconnaissable de l'Amaryllis est la paire de grandes taches brunes qui ornent ses ailes orangées, bordées d'un motif brun sur le pourtour. Ces ocelles situés sur les ailes antérieures serviraient à détourner ou réduire les attaques des oiseaux, ce qui expliquerait pourquoi le papillon se repose souvent les ailes grandes ouvertes.

De nombreuses formes aberrantes existent, comme la forme excessa, chez laquelle certains individus présentent deux à quatre taches supplémentaires sur le dessus des ailes antérieures. Le nombre de taches sur le dessous des ailes postérieures varie également d'un individu à l'autre.

Le mâle se distingue par une tache sombre sur le dessus de l'aile antérieure, contenant des écailles odorantes appelées androconies, probablement utilisées lors de la cour nuptiale pour diffuser des phéromones. La composition chimique de ces phéromones reste inconnue, et leur fonctionnement précis pendant la cour demeure mal compris.

Les femelles portent généralement plus de taches que les mâles. Chez les mâles, les ocelles sont positionnés plus près du bord costal de l'aile, tandis que chez les femelles elles sont réparties plus largement sur la marge de l'aile.

Distribution et Habitat

L'Amaryllis affectionne les lisières de prairies et les haies ; les portails de champs, souvent situés à ces endroits, expliquent sa présence plus fréquente que celle du Moiré, par exemple. Au début du XXe siècle, l'espèce était commune dans le sud de la Grande-Bretagne mais rare dans le nord, avant que sa population ne se contracte puis ne reprenne son expansion à partir des années 1940.

Au cours des trois dernières décennies, l'aire de vol s'est étendue vers le nord de la Grande-Bretagne. La durée de la période de vol s'est révélée nettement plus courte en bordure de l'aire de répartition, ce qui suggère un lien entre l'allongement de cette période et l'expansion géographique, bien que la date moyenne de vol ne soit pas elle-même liée à sa durée.

Cette expansion récente a conduit l'espèce à coloniser une grande variété d'habitats : prairies arbustives, chemins forestiers, routes de campagne et haies abritent certaines des plus grandes colonies. Cette diversité d'habitats confère à l'Amaryllis une diversité génétique supérieure à celle d'espèces plus restreintes comme P. aegeria, même si les contractions passées de population ont pu limiter ce potentiel par des effets de fondateur.

Le suivi de ses effectifs s'appuie en grande partie sur le programme britannique de surveillance des papillons, qui enregistre les variations d'abondance de 71 espèces entre la Grande-Bretagne et l'Irlande depuis 1976, à travers plus de 1 500 sites de suivi.

Carte des observations enregistrées de Pyronia tithonus
Où l’espèce a été observée · GBIF
1 075 576
janv.févr.marsavr.maijuinjuil.aoûtsept.oct.nov.déc.
Comptages mensuels d'occurrences · GBIF

Comportement et Mode de Vie

Par temps couvert ou voilé, l'Amaryllis reste posé sur la végétation, tandis qu'il vole de fleur en fleur pour butiner le nectar dès que le soleil perce. Il se montre relativement actif mais peu mobile par rapport à une espèce proche, le Moiré, une distinction importante : l'activité désigne la fréquence des vols, la mobilité la distance parcourue. Des expériences sur l'usure des ailes ont montré que son activité accrue entraîne une détérioration plus rapide des ailes, sans que cela traduise une plus grande mobilité. Cette faible mobilité pourrait expliquer pourquoi il peut être très abondant sur un site tout en restant rare à quelques kilomètres de là, dans un habitat similaire.

Les mâles volent davantage et passent la majeure partie de leur temps à rechercher des partenaires. L'espèce est protandrique : les mâles émergent avant les femelles. En conséquence, les femelles ne s'accouplent généralement qu'une seule fois, ce qui leur laisse plus de temps pour se reposer, se nourrir de nectar, choisir les plantes hôtes et pondre.

La météo influence fortement la taille des populations : les étés chauds et secs favorisent les plus fortes hausses d'effectifs. Cette sensibilité climatique pourrait expliquer la faiblesse historique des populations dans le nord de la Grande-Bretagne, aux étés plus frais, et le lien entre expansion de l'aire et changement climatique. Les variations d'abondance synchrones observées avec d'autres espèces renforcent l'hypothèse d'une cause météorologique commune.

Régime et Habitudes Alimentaires

Les adultes butinent des fleurs peu profondes qu'un proboscis court permet d'atteindre facilement, la ronce (Rubus fruticosus) comptant parmi leurs sources de nectar privilégiées. On les trouve ainsi souvent à proximité des buissons de mûres. Ils visitent aussi la carline commune, la succise des prés, la pulicaire dysentérique, l'eupatoire chanvrine, le troène sauvage, le séneçon jacobée, le trèfle rouge, divers chardons, le thym et la menthe aquatique.

Les chenilles, elles, se nourrissent de graminées fines, généralement vertes ou brunes comme celles de toute la sous-famille des Satyrinae. Les plantes hôtes principales comprennent les agrostis, les fétuques et les pâturins, ainsi que le chiendent commun. Parmi les graminées régulièrement recensées figurent le ray-grass anglais, l'agrostis capillaire et la fétuque rouge.

La chrysalide, fragile, se forme soit suspendue tête en bas, soit posée à même l'herbe, marquant la transition entre la vie larvaire herbivore et la vie adulte nectarivore.

Reproduction et Cycle de Vie

Une seule génération d'Amaryllis apparaît chaque année, les adultes émergeant en juillet avec un pic début août ; il n'en reste que quelques-uns à la fin du mois. Aucun rituel de cour précis n'est connu, mais les taches odorantes des mâles y jouent probablement un rôle.

Les mâles établissent de petits territoires et recherchent activement une partenaire. L'accouplement dure environ une heure, durant laquelle les deux papillons restent immobiles, ailes fermées.

Les femelles pondent entre 100 et 200 œufs, soit à l'ombre, soit de façon plus aléatoire en les éjectant dans les airs. Les larves, initialement jaunes, développent rapidement des taches brunes et continuent de s'assombrir avant même l'éclosion, qui survient après environ 14 jours.

Signification Culturelle

Le nom Pyronia vient du grec, tandis que tithonus renvoie à Tithonos, figure de la mythologie grecque et membre de la famille royale troyenne, enlevé et aimé par Éos, déesse de l'Aurore. Ce choix nominal relie le papillon à un récit d'union entre un mortel et une divinité.

Le saviez-vous ?

  1. Le nom scientifique Pyronia tithonus fait référence à Tithonos, prince troyen aimé par Éos, déesse grecque de l'Aurore.
  2. Dans la mythologie, Tithonos était fils du roi Laomédon et de la naïade Strymo.
  3. Le récit de Tithonos et Éos illustre le motif mythologique récurrent des unions entre mortels et immortels.
Préoccupation mineure

Photos

Photographies de via iNaturalist, licensed under CC0 1.0., by Barry Stewart via iNaturalist, licensed under CC BY 4.0., by Tilgate Zoo via iNaturalist, licensed under CC BY 4.0., by Simon Baldwin via iNaturalist, licensed under CC BY 4.0., by Leonard Worthington via iNaturalist, licensed under CC BY 4.0., by geoffWCNR via iNaturalist, licensed under CC BY 4.0. et by James Heal via iNaturalist, licensed under CC BY 4.0., créditées sur chaque photo.

Écologie et classification

Comportement

  • Territorial
  • Diurne

Régime alimentaire

  • Nectarivore

Classification

Embranchement
Arthropoda
Classe
Insecta
Ordre
Lepidoptera
Famille
Nymphalidae
Genre
Pyronia
Espèce
Pyronia tithonus

Sources

  1. GBIF Species names and classification
  2. iNaturalist Photos
  3. Wikidata Common names and conservation status
  4. Wikipedia Summary extract
  5. GloBI What it eats, what eats it, parasites and pollinators
  6. trophiCH
  7. DoPI