Mammalia
Grand Murin
Myotis myotis
Préoccupation mineure
© Rand Rudland · iNaturalist
La Sérotine commune (Myotis myotis) est une chauve-souris de taille imposante qui parcourt les paysages d’Europe et au-delà, chassant ses proies avec une précision remarquable dans l’obscurité. Classée en tant qu’espèce de Préoccupation mineure selon la liste rouge de l’UICN, cette espèce prospère dans au moins treize pays, témoignant de sa capacité d’adaptation à divers environnements européens. Son nom scientifique reflète simplement son statut : myotis signifie « souris-oreille », une description directe de cette chauve-souris caractérisée par ses grandes oreilles et son corps trapu.
Malgré leur apparence délicate, ces chauves-souris sont des prédatrices efficaces et robustes, jouant un rôle crucial dans le contrôle des populations d’insectes à travers l’Europe. Leur statut de conservation stable aujourd’hui masque les défis historiques auxquels l’espèce a dû faire face, y compris la perte d’habitat et la perturbation des gîtes d’hibernation. Comprendre le comportement, l’écologie et les besoins de cette espèce aide à éclairer nos connaissances plus larges sur la biologie des chauves-souris et sur l’importance de protéger les écosystèmes nocturnes.
Identification et Apparence
La Chauve-souris à oreilles de souris (Myotis myotis) est une petite chauve-souris mesurant en moyenne entre 6,5 et 8 centimètres de longueur totale, la queue représentant environ 4 centimètres. Les adultes pèsent entre 20 et 45 grammes, ce qui en fait une espèce de taille modérée dans le genre Myotis. Son pelage et ses membranes alaires affichent une coloration brun clair uniforme, sans les taches sombres caractéristiques observées chez certaines espèces proches.
Traits distinctifs
Cette espèce possède des oreilles remarquablement longues avec un tragus (petit cartilage interne de l’oreille) relativement long et pointu. Lorsque les oreilles sont repliées vers l’avant, elles s’étendent bien au-delà du museau, ce qui constitue une caractéristique d’identification majeure. Comparée aux autres chauves-souris Myotis de taille similaire, elle présente une queue plus longue et une surface alaire plus grande, améliorant sa maniabilité en vol lent et son agilité de chasse.
Distribution et Habitat
Myotis myotis, la Grand Murin, est une chauve-souris largement répandue en Europe centrale et occidentale. Son aire de distribution couvre 13 pays, avec une concentration remarquable en Allemagne, où plus de 145 observations ont été enregistrées. Le Luxembourg, la France, les Pays-Bas, la Pologne et la Suisse constituent également des bastions importants pour l’espèce, chacun hébergeant des populations significatives. Des effectifs plus réduits sont documentés en République tchèque, en Autriche, en Espagne et en Ukraine, reflétant une présence périphérique ou fragmentée dans ces régions.
L’espèce occupe une gamme d’altitudes comprise entre 480 et 1 438 mètres, avec une altitude moyenne d’environ 803 mètres. Cette variation altitudinale suggère une adaptation à des environnements diversifiés, du piémont jusqu’aux zones de montagne modérée. Les observations sont fortement concentrées en hiver et au début du printemps, avec un pic notable en février (122 observations). Cette concentration saisonnière indique que la plupart des données disponibles correspondent à des périodes d’activité réduite ou de rassemblement dans des gîtes d’hibernation, lorsque les individus sont plus facilement détectables et capturables.
Biologie et Comportement
Comportement
Myotis myotis est une chauve-souris hautement sociale qui forme des colonies pouvant compter plusieurs milliers d’individus. Ces colonies se rassemblent dans des gîtes communaux, notamment dans les greniers d’églises, les châteaux et les grottes. Les femelles et les mâles vivent séparément pendant une grande partie de l’année, les femelles formant des colonies de maternité tandis que les mâles occupent des gîtes distincts.
Cette espèce est principalement nocturne et émerge après le crépuscule pour se nourrir. Elle chasse en vol actif, utilisant l’écholocalisation pour détecter ses proies dans l’obscurité. Myotis myotis peut voler à basse altitude, parfois au-dessus des sols forestiers ou des prairies, et parcourt des distances considérables entre ses gîtes et ses zones de chasse. Les individus peuvent vivre plus de 37 ans en captivité, ce qui en fait une espèce à longévité remarquable parmi les chauves-souris européennes.
Régime alimentaire
La plus grande chauve-souris à oreilles de souris est strictement insectivore. Elle se nourrit principalement de coléoptères, notamment de hannetons, de carabes et d’autres insectes de taille moyenne à grande. Elle complète son régime avec des orthoptères, des lépidoptères et occasionnellement d’autres arthropodes.
Cette espèce adopte une technique de chasse distinctive : elle vole près du sol ou se pose pour capturer ses proies. Elle peut également attraper des insectes sur des surfaces ou en vol. Une chauve-souris adulte consomme environ 20 à 30 grammes de proies par nuit pendant la saison active, quantité considérable relativement à sa masse corporelle.
Reproduction
L’accouplement se déroule à l’automne, généralement de septembre à novembre. Les femelles stockent le sperme et retardent la fécondation jusqu’au printemps, une stratégie reproductrice commune chez les chauves-souris tempérées. La gestation dure environ 50 à 60 jours après la fécondation effective au printemps.
Les femelles donnent naissance à un seul petit par an, habituellement entre mai et juillet. Les jeunes restent dans la colonie de maternité et sont allaités pendant 6 à 8 semaines. Les mâles ne participent pas à l’élevage des jeunes. Les juvéniles deviennent indépendants à la fin de l’été et restent avec la colonie maternelle avant de se disperser ou de rejoindre d’autres colonies.
Conservation et Menaces
Le Grand Murin (Myotis myotis) est actuellement classé en tant qu’Espèce Peu Préoccupante (LC) sur la Liste Rouge de l’UICN. Cependant, malgré ce statut relativement stable, les populations de cette espèce affichent une tendance décroissante en Europe. Cette situation apparemment contradictoire reflète une réalité courante en conservation : une espèce peut bénéficier d’une protection juridique suffisante pour éviter l’extinction imminente tout en connaissant des déclins régionaux significatifs.
Menaces
Les données spécifiques sur les menaces directes pesant sur le Grand Murin ne sont pas détaillées dans les registres disponibles, mais le déclin observé des populations européennes résulte de plusieurs facteurs bien documentés chez les chiroptères. La perte et la modification des habitats de repos et d’hivernage constituent un danger majeur, particulièrement la destruction des grottes, cavernes et bâtiments historiques où l’espèce se rassemble en grandes colonies. L’utilisation de pesticides réduit également la disponibilité alimentaire, puisque ces chauves-souris dépendent entièrement d’insectes qu’elles capturent en vol ou au sol.
Efforts de conservation
De nombreux pays européens ont instauré des protections légales strictes pour le Grand Murin. L’espèce bénéficie notamment de la Directive Habitats de l’Union Européenne et figure sur les listes nationales de protection dans toute son aire de répartition. Des programmes de restauration des sites d’hivernage, la création de refuges artificiels et la sensibilisation des propriétaires de bâtiments contribuent à ralentir le déclin des effectifs. Ces mesures visent à inverser la tendance décroissante observée ces dernières décennies.
Le saviez-vous ?
- La chauve-souris à oreilles échancrées possède des oreilles exceptionnellement longues qui dépassent le museau lorsqu’elles sont repliées vers l’avant — une adaptation qui améliore considérablement sa capacité d’écholocalisation pour chasser les insectes en vol.
- Malgré sa taille modeste — environ 8 à 9 centimètres de longueur corporelle avec une envergure de 22 à 26 centimètres — cette espèce peut consommer jusqu’à 500 petits insectes par nuit pendant la saison active.
- Contrairement à de nombreuses autres espèces de chauves-souris largement distribuées, la chauve-souris à oreilles échancrées n’a pas de sous-espèces reconnues, ce qui indique une remarquable uniformité génétique sur toute son aire de répartition.
- Son aire de répartition s’étend de la région des Grands Lacs jusqu’à la Californie et la Géorgie — une distribution qui couvre plus de 37 États américains, bien au-delà des seules régions nordiques d’où son nom pourrait le suggérer.
- Cette espèce hiberne pendant les mois d’hiver, mais contrairement aux hibernants qui entrent dans un sommeil profond, elle se réveille périodiquement pour se déplacer et ajuster sa position dans les grottes ou les mines.
- Les femelles se rassemblent dans des colonies de maternité pouvant compter plusieurs milliers d’individus pour donner naissance à un seul jeune par an — un taux de reproduction particulièrement faible pour un mammifère.
Écologie
Régime alimentaire
Comportement
Statut de conservation
LC (Préoccupation mineure) · NT · VU · EN · CR · EW · EX
Galerie photos
Rand Rudland ·
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